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Accompagner, c’est « s’associer avec » !

Bénévole dans l’équipe de l’accompagnement scolaire à Chalon-sur-Saône, Marie-Claude nous fait le récit de son association avec les parents de l’enfant qu’elle accompagne.

Accompagnement scolaire

Petit retour sur la situation :
Depuis deux mois, j’accompagne Lucas [1], enfant de CE1 qui, selon la maman, rencontrait des difficultés scolaires et avait besoin d’être « vissé », je reprends ses termes, lors de notre premier contact en février.

Deux mois passant, je me suis vite rendue compte que Lucas était un enfant très intelligent avec de grandes capacités et qu’il travaillait même « vite » et… bien, à la condition toutefois de rester attentif pendant les activités écrites. Donc rien de bien « méchant ».

Chemin faisant, de mon point de vue de bénévole toute « nouvelle », il me semblait que ma manière d’accompagner ne correspondait pas tout à fait à ce que j’avais perçu et apprécié des valeurs du Secours Catholique : à savoir associer les parents et non pas faire à leur place. Je ne suis pas dans une prestation classique d’aide, mais bien dans un cadre qui vise la coéducation et envisage l’accompagnement comme un processus coopératif avec les parents, si possible.

Ne voyant, chaque semaine, que très brièvement la maman et jamais le papa, pourtant présent au domicile, j’ai pris l’initiative de proposer un temps d’échange pour envisager, avec eux, la suite à donner. Je saisis l’occasion avec l’arrivée du livret d’évaluation de l’école qui doit être vu et signé par les parents. Là, le Ciel « m’accompagne », car les appréciations sont élogieuses à l’égard de Lucas à qui l’enseignante de la classe adresse ses félicitations tout en soulignant des capacités réelles ! Cela me permet d’appuyer sur le fait que l’enfant a de réelles possibilités et que lui, comme ses parents, n’ont que des raisons d’avoir confiance et de continuer à le faire pour la suite. La maman me semble rassurée, et sert très fort son fils dans ses bras, avec les larmes aux yeux, lui disant : « Pourquoi tu me l’avais pas dit ? »

Comment envisager la suite ?

Nous échangeons alors de manière très simple, sur l’approche d’accompagnement du Secours Catholique et sur le fait que d’autres enfants, plus en difficulté, ont besoin d’une aide, d’un coup de pouce. La maman se montre solidaire et, bien que ne souhaitant pas arrêter l’accompagnement en cours, comprend tout à fait que, compte tenu des résultats de Lucas, elle pourrait envisager de se déplacer, me libérant ainsi du temps de transport pour me consacrer à d’autres enfants, en attente. Lorsque nous abordons la question du déplacement en bus, j’avance l’idée que, peut-être, s’il est d’accord, le papa pourrait amener son fils et revenir le chercher, puisqu’elle est très occupée ? Cette suggestion semble intéresser la maman qui me dit qu’elle en parlera à son mari et qu’elle est d’accord pour essayer. Ainsi nous fixons, ensemble, les nouvelles modalités pour la fin de l’année scolaire. Ce qui pourrait apparaît comme banal, à première vue, permet, en fait, au père de famille d’apporter sa pierre, et d’être intégré, à sa manière, à ce dispositif d’accompagnement.

Au-delà de l’anecdote, cela confirme pour moi la nécessité de prendre un temps pour se poser et faire le point entre bénévole et famille, au regard des valeurs du Secours Catholique : aider à donner ou redonner confiance pour avancer, mais aussi chercher à rendre les parents acteurs et plus autonomes au-delà de notre temps d’accompagnement. Essayer, un peu comme Simon de Cyrène portant la Croix, de faire un pas avec et au côté de, pour permettre au frère rencontré sur notre route de se relever, d’avancer, mais sans jamais se substituer à lui ; cela n’aurait pas de sens, sur un Chemin qui est et reste toujours « le sien ».

Marie-Claude

[1] Le prénom a été modifié.

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