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Saône-et-Loire

Chauffailles : le logement de « stabilisation »

L’équipe de Chauffailles a entrepris depuis juin 2012 un nouveau projet de logement dit de « stabilisation », afin de permettre à ceux qui en ont besoin de repartir du bon pied.

Chauffailles : le logement de « stabilisation »

L’appartement est situé dans l’un des immeubles de la place de Bourgogne à Chauffailles. Meublé et équipé, sa location équivaut à 10 % des revenus du bénéficiaire (42 € pour une personne qui perçoit le revenu de solidarité active par exemple). La location solidaire ne peut excéder six mois.

Ce projet est possible grâce au partenariat avec l’association Le Pont, qui oriente et accompagne les demandeurs (antenne de Paray-le-Monial). Les bénéficiaires peuvent être aussi bien des personnes sans domicile qui souhaitent arrêter de « bourlinguer » et se réinsérer dans la vie, que des personnes qui traversent une mauvaise passe et ont besoin d’un soutien temporaire pour rebondir. Les deux associations font le point après quinze jours d’installation puis tous les deux mois, ou plus souvent selon l’avancée du dossier. Un fonctionnement qui s’affinera sans doute au fil des échanges avec les bénéficiaires.

Georges* est le premier à avoir bénéficié de l’appartement. Une première en Charolais-Brionnais. « Sans ce soutien, je vivrais probablement dans la rue aujourd’hui. » Georges* a conscience aujourd’hui de sa chance, celle d’avoir bénéficié du récent dispositif, unique logement solidaire en Charolais-Brionnais. Ce projet encourage la complémentarité entre le travail effectué par des professionnels et l’accompagnement assuré par des bénévoles du Secours Catholique.

Le Secours Catholique s’occupe de la partie logistique, mais plus particulièrement de l’accompagnement fraternel, qui aide à l’intégration de la personne dans la vie quotidienne et crée un lien. L’association Le Pont gère la partie sociale, le suivi, l’orientation et l’information aux personnes. Un partenariat solidaire qui s’est avéré très utile à Georges*, commerçant indépendant. « Je gagnais plutôt bien ma vie… Et puis il y a eu la crise. J’ai perdu les deux tiers de mes recettes en trois ans, avec des charges qui continuaient de s’accumuler… ». À ces difficultés se sont ajoutés un divorce, avec des enfants à charge dont un souffrant d’un handicap sévère, et une baisse de moral. Tout a alors basculé : « Je ne pouvais plus faire face. J’ai tout revendu et je me suis retrouvé dans un camping à Matour. » C’était l’été dernier. À 58 ans, Georges* se retrouve dans une tente, avec pour seul bien son utilitaire dans lequel sont entreposés quelques effets personnels et ce qu’il vend sur les marchés. « J’angoissais, seul, poursuit-il. Je n’envisageais pas l’hiver. ».

Une belle rencontre

Quatre longs mois et puis un jour, par hasard, une rencontre avec une assistance sociale de Chauffailles. Avec elle, Georges* fait le point et ensemble, ils entament des démarches. « Elle m’a donné plein de tuyaux dont je ne soupçonnais même pas l’existence. Si j’avais été seul, je pense que mes démarches n’auraient pas abouti, ou du moins, pas aussi vite. » Rapidement, l’assistante sociale le met en lien avec le Secours Catholique.

Enfin, Georges* retrouve un lit, un toit, un lieu de vie. Une situation temporaire, mais un vrai tremplin, indispensable pour repartir. « On a trouvé des solutions et un nouveau logement aussi. » Pour le meubler, la solidarité s’est poursuivie, notamment avec Emmaüs. « J’ai remis de l’ordre dans ma vie, explique Georges*. Les bénévoles du Secours Catholique m’ont beaucoup aidé et on a même noué des liens sincères avec certains, que j’espère bien accueillir demain chez moi… »

* Prénom d’emprunt.

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