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Secours Catholique-Caritas France

Notre-Dame ou les Misérables ?

La chronique sur RCF du Secours Catholique-Caritas France diffusée le jeudi 25 avril 2019

À l’heure de la reconstruction de Notre-Dame de Paris, Véronique Fayet revient sur la polémique suscitée par l’afflux des dons.

Véronique Fayet, présidente du Secours Catholique-Caritas France

publié en avril 2019

Le texte de la chronique de Véronique Fayet, présidente du Secours Catholique-Caritas France (RCF, 25 avril 2019) :

RCF : Une polémique a agité les réseaux sociaux autour de la collecte de fonds pour la reconstruction de Notre-Dame

Véronique Fayet :
Pour moi il y a d’abord deux bonnes nouvelles à souligner :

La première, c’est l’émotion des Français qui a été unanime et nous avons vibré à l’unisson devant le « cœur de la France en feu » comme le dit le titre d’un grand hebdo ! Pour moi cela dit quelque chose de notre attachement à la culture chrétienne et aux lieux symboliques de cette histoire de plusieurs siècles. Ce haut lieu spirituel où des millions de personnes sont venues s’agenouiller pour implorer un pardon, une guérison, une réconciliation ou simplement pour dire merci, ce lieu est cher à toute la nation, et bien au-delà.

La seconde bonne nouvelle : les Français sont généreux et ils ont de l’argent, certains en ont même beaucoup, mais ils sont prêts à donner pour une cause qui les touche. Saluons cet élan et notamment les grands mécènes qui ont été durement critiqués.

RCF : Faut-il financer Notre-Dame quand des « Misérables » sont à la rue ?

Véronique Fayet :
La polémique est un peu stérile à mon sens car bien sûr il faut les deux ; il ne faut pas briser cet élan de générosité qui est aussi un élan spirituel. Il faut reconstruire Notre-Dame, sobrement, mais sans rien sacrifier de la beauté et de l’harmonie des lieux. Mais il ne faut pas oublier que des associations comme le Secours Catholique ont parfois du mal à susciter la même émotion, la même générosité pour les Misérables d’aujourd’hui.

Et pourtant, ils et elles sont les « pierres vivantes » de notre Église et de notre société. Leurs vies sont difficiles et cabossées comme l’était Quasimodo mais ils font souvent preuve d’un grand courage pour se reconstruire et mener une vie digne, une vie « normale ».

Faudrait-il encore photographier des enfants misérables pour susciter des dons ? Pourquoi le combat des pauvres d’aujourd’hui n’est-il pas reconnu et soutenu ? N’y a-t-il pas derrière cela des préjugés tenaces : au fond est-ce que ces gens-là en valent la peine ? Est-ce qu’ils veulent vraiment s’en sortir ? Ces préjugés font toujours aussi mal aux personnes qui les subissent mais aussi à nous qui sommes leurs amis.

C’est donc à nous de convaincre que combattre la pauvreté est une cause juste et qu’il faut de l’argent pour aider les personnes à se reconstruire, à se loger correctement, à trouver un travail, à élever leurs enfants. C’est un investissement d’avenir encore plus urgent que la reconstruction de Notre-Dame de Paris.

>> « Révolution fraternelle, le cri des pauvres », le livre publié par Véronique Fayet

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