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Délégation Bourgogne

RAPPORT STATISTIQUE SUR L’ETAT DE LA PAUVRETÉ EN FRANCE

Depuis plus de vingt ans, le Secours Catholique Caritas France publie un rapport statistique sur l’état de la pauvreté en France. Ce rapport unique en son genre s’appuie sur les données collectées par des bénévoles sur le terrain, terrain de l’extrême pauvreté permettant de voir apparaître les signaux faibles et de donner un éclairage documenté sur la situation des personnes les plus précaires en France.

Rapport statistique 2019

publié en novembre 2019

Le Rapport stat ? qu’est-ce que c’est ? Pascale Novelli,responsable communication externe du Secours Catholique-Caritas France nous présente les principaux enseignements du Rapport statistique 2019. Pour voir la vidéo cliquez ici

PAUVRETÉ EN FRANCE : quatre visages pour comprendre les chiffres-clefs de notre Rapport statistique 2019 Nicole, Marie, Abdéramane et Mickaël, quatre visages parmi ceux que nous rencontrons le plus dans nos accueils. Quatre visages pour expliquer les chiffres-clefs de notre Rapport Statistique 2019 :

Communiqué de presse Bourgogne

Ce rapport fonde la légitimité de nos remarques et propositions ; il est un portrait des personnes que notre société laisse au bord du chemin. Cette année, il s’élargit à d’autres champs de pauvreté grâce à nos partenaires internationaux qui partagent leur éclairage sur un sujet important qui nécessite d’être abordé avec calme et raison : les migrations.

Les pauvres d’ici ne sont pas différents des pauvres d’ailleurs Le Secours Catholique a pour principe d’accueillir tout le monde, sans distinction. Ces dernières années, il voit s’accroître parmi les personnes accueillies, la part des étrangers (43.6 % aujourd’hui), (42,1 % pour la Bourgogne) alors même que leur nombre n’augmente pas sur notre territoire, et celle des personnes sans emploi (84 %), alors que les chiffres d’activité sont en globale amélioration. Mais là où le discours politique tend trop souvent à opposer Français et étrangers, travailleurs et chômeurs, le Secours Catholique peut témoigner que toutes les personnes rencontrées par ses 66 000 bénévoles en France, comme celles accompagnées par nos partenaires internationaux, partagent la même aspiration à contribuer et à être protégées.

Contribuer car c’est le manque de considération et d’accès au marché du travail qui est le plus souvent souligné par les personnes : 52 % des 15-64 ans accueillis sont en inactivité, en forte augmentation depuis dix ans. Parmi eux, 58 % ne travaillent pas car leur statut ne leur permet pas d’avoir accès au marché du travail. Il ne faut pas chercher ailleurs les raisons de la pauvreté de la population étrangère. Alors que ces personnes veulent travailler, veulent s’engager ! Faute de travail rémunéré, elles font du bénévolat, créent ou soutiennent des activités sportives ou culturelles.  [1]

En effet, la perte de lien social, voire familial, des personnes vivant en situation de pauvreté est forte. La honte de demander de l’aide, de recevoir des amis ou parents dans un logement vétuste ou le manque de moyens pour payer un trajet en train expliquent la solitude ressentie. La première demande des personnes qui poussent la porte du Secours Catholique est l’écoute (61%) (78,2 % pour la Bourgogne) . Et être écouté sans jugement est devenu un luxe : la fracture numérique empêche nombre de personnes d’avoir accès à leurs droits et la disparition des services publics les prive d’interlocuteurs.

Pourtant, les personnes que nous accompagnons ont véritablement besoin d’être protégées. Peut-on vivre décemment avec 535 euros (revenu médian) ? Non et pourtant certaines personnes que nous accueillons vivent encore plus mal et n’ont pas de revenus du tout (20 %) (29 % pour la Bourgogne) car sans statut ou dans l’incapacité à faire reconnaître leurs droits. 30 % des personnes que nous accueillons n’ont pas de logement stable et vivent dans un centre d’hébergement, à la rue, dans des squats, une caravane… quelquefois en famille.

Contre 20 % il y a dix ans. Le 115 est débordé et ne peut pas répondre à tous. C’est parmi les couples avec enfants que la part des ménages en situation de grande précarité (niveau de vie nul ou inférieur à 300 € par personne) augmente le plus fortement, les sans-ressources représentant 24% des couples avec enfants en 2018 contre 9% en 2010.

Victimes des mêmes préjugés étrangers, chômeurs, allocataires des minima sociaux seraient un poids pour la société. Les personnes en situation de pauvreté coûteraient « un pognon de dingue ». Les personnes exilées « envahiraient » l’Hexagone. Ces préjugés répandus sont infondés : l’Europe n’accueille que 3 % des migrants dans le monde, et en France les flux migratoires se caractérisent surtout par leur stabilité. Quant au coût supposé, parmi les personnes accueillies au Secours Catholique, près de 1 éligible sur 3 au RSA ne le demandent pas et c’est le cas aussi de 29 % des familles concernant les allocations familiales. Les taux de non recours sont même plus élevés encore s’agissant des personnes étrangères. Pourtant, ces préjugés justifient le durcissement des politiques publiques à l’encontre des étrangers, des chômeurs et des précaires. Comme si les plus pauvres et les étrangers, jugés coupables de leur précarité, devaient purger une peine, et faire la preuve du contraire pour être considérés, simplement, comme des êtres humains à part entière, dignes de pouvoir accéder à un toit, un revenu minimal, un droit au travail. Fort de ces constats, le Secours Catholique appelle l’ensemble de la société à changer de regard sur les plus pauvres d’ici comme d’ailleurs. Et les pouvoirs publics, à permettre à chacun de contribuer – en ouvrant notamment le droit au travail à ceux qui en sont privés – et de bénéficier de la protection minimale due à chaque être humain, en particulier l’accès inconditionnel à un hébergement.

Signe d’espoir, partout en France comme ailleurs, des élans de solidarité viennent pallier les déficiences des pouvoirs publics. Des Français et des étrangers accueillent et sont accueillis, partagent, s’entraident et vivent ensemble. Dans le rapport statistique du Secours Catholique vous trouverez les chiffres de la pauvreté en France ; dans ses accueils, vous rencontrerez des personnes, bénévoles ou pas, Français ou pas, qui font mentir quotidiennement les préjugés sur les uns et les autres. Tous sont déterminés à combattre les causes de la pauvreté.

En France, grâce à 3 500 équipes locales (France métropolitaine et outre-mer) et un réseau de plus de 66 000 bénévoles et de 940 salariés, l’an dernier 1 347 500 personnes ont été accueillies et soutenues dans 2 400 lieux d’accueil. À l’international, en 2018, 598 opérations ont été menées dans 63 pays, en lien avec le réseau Caritas Internationalis (165 Caritas) et 3,9 millions de personnes ont été bénéficiaires de l’aide internationale. Membres du Réseau Caritas France : Association des Cités du Secours Catholique, Fondation Caritas France, Fondation Jean Rodhain, Tissons la Solidarité, Foncière Caritas Habitat, Foncière Chênelet, Fédération de Charité Caritas Alsace, Fédération Solidarauto, Réseau Éco-Habitat, CCSC, Agence immobilière sociale Caritas IdF. En Bourgogne 74 équipes locales accueillent et accompagnent 20 860 personnes ou familles, un réseau de 1 300 bénévoles et 16 salariés.

[1] Ovibashi Karmi Unnayan Program (Okup) au Bangladesh, Caritas Africa, Caritas Europa, Caritas Italie, Caritas Espagne, Organisation de migrants de Nouadhibou (OMN) en Mauritanie, SJM (Service jésuite aux migrants) au Mexique, Tong Jahoni en Russie, Caritas Turquie.

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