DélégationBourgogne

Dijon

Témoignage de Martin

Émission RCF

Martin, bénévole au Secours Catholique, a tenu à nous donner son témoignage pour nous expliquer en quoi son investissement bénévole a pu apporter un sens à sa vie, à son quotidien alors qu’il était en procédure de demande d’asile et sans droit au travail.

« Je m’appelle Martin. Je viens du Cameroun et ait dû fuir mon pays suite à des persécutions. Je suis arrivé en France pour y déposer une demande d’asile et obtenir le statut de réfugié politique. Je suis venu en France car je suis francophone et à Dijon car un ami de mon père y vivait et nous parlait de cette ville quand j’étais jeune.

En arrivant à Dijon, je ne connaissais personne. J’ai accompli mes démarches auprès de la préfecture et de l’OFII [1] où j’ai proposé mes services. Ces structures m’ont orienté sur des associations pour que je puisse devenir bénévole. Parmi ces associations, j’ai choisi le Secours Catholique car je suis chrétien et car on m’a toujours enseigné l’amour de mon prochain, c’est donc naturellement que j’ai proposé mes services.

Je suis venu pour aider et chercher la paix de l’esprit dans un contexte d’exil et de perte de nombreux repères. J’ai rencontré une bénévole qui accompagne les demandeurs d’asile. Je lui ai expliqué que je n’étais pas habitué à rester inactif, que j’avais toujours travaillé (dans le domaine de l’électricité et du commerce). J’étais alors prêt à accepter n’importe quelle mission pour ne pas perdre le rythme de l’emploi et retrouver des relations humaines de qualité.

J’ai ensuite découvert la vie de l’association, les autres bénévoles et l’activité d’aide aux demandeurs d’asile.

On m’a permis de mettre à profit mes compétences en aidant ceux qui étaient dans la même situation que moi, voire dans une plus grande précarité. J’ai également pu me former et faire des propositions pour améliorer la qualité de notre action.

Le bénévolat m’a beaucoup apporté en relations humaines, j’y ai trouvé une famille formidable, loin de la mienne, loin de mon pays. Si je suis encore ici, c’est en grande partie grâce au soutien des bénévoles et à mon engagement régulier qui m’a aussi permis de relativiser ma situation. Les bénévoles m’ont toujours soutenu aussi bien moralement que dans le cadre de mon droit au séjour puis dans ma recherche d’emploi lorsque j’ai obtenu le droit de travailler. Je travaille actuellement dans une société de nettoyage à Beaune et vais commencer une formation dans la sécurité et le gardiennage.

Pour moi, c’est Dieu qui m’a envoyé au Secours Catholique et je savais que même dans la détresse je pourrai avancer. Dans l’exil, l’implication bénévole m’a permis de redonner du sens à ma vie, d’être utile et de préserver des relations sociales en vivant l’écoute et l’amour de l’autre. »

Martin, bénévole de l’équipe de Dijon

[1] Office français de l’immigration et de l’intégration.

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