DélégationBourgogne

Contribution au grand débat national

« Tout ce qui se dit là, il faut que ça remonte »

Parce que plus que jamais, il faut porter la parole des plus pauvres dans le débat public, le Secours Catholique a mené une consultation d’envergure sur la crise sociale que le pays traverse.

« Tout ce qui se dit là, il faut que ça remonte »

publié en mars 2019

Nos équipes ont organisé pendant deux mois des rencontres sur les territoires afin de participer au grand débat national, en faisant entendre la parole des personnes en situation de pauvreté.

Au total : 3 000 personnes ont participé à 150 débats dans 60 départements.

En analysant les indignations et propositions de ces participants, on trouve d’abord six difficultés communes exprimées :

  • l’accès aux droits sociaux ;
  • la dévalorisation du travail ;
  • le pouvoir d’achat ;
  • l’isolement ;
  • la mise en danger du droit à la santé ;
  • le mal-logement.
JPEG - 82.2 ko

Les participants (bénévoles, personnes en situation de pauvreté…) ont abordé les thèmes de la lettre du président de la République Emmanuel Macron, mais pas seulement ! Les thématiques emploi-formation, inégalités salariales, finance, chômage…, étaient présentes.

JPEG - 61.3 ko
JPEG - 159.5 ko

Fracture numérique

L’obligation de passer par internet pour ses démarches est vécue d’autant plus mal qu’elle n’est pas compensée par un accompagnement. Au contraire, les administrations apparaissent de plus en plus lourdes et inaccessibles. La dématérialisation des démarches c’est le frein principal, générant une double difficulté : le coût d’acquisition des outils et la méconnaissance de leur usage. Cette obligation condamne à l’impuissance et peut conduire à un renoncement pur et simple à ses droits.

JPEG - 37.6 ko
JPEG - 40.7 ko

Dévalorisation du travail

Le travail apparaît pour beaucoup de participants comme dévalorisé, pour plusieurs raisons. D’abord, devenu trop rare, trop fragmenté, trop mal rémunéré, le travail ne génère plus les ressources suffisantes pour en vivre dignement. Ensuite, les conditions de travail se sont déshumanisées (brutalité des licenciements, pressions, compétition…), les petits métiers, les emplois subalternes sont méprisés.

JPEG - 38.9 ko

Pouvoir d’achat

Joindre les deux bouts, quelle que soit la source de ses revenus (salaires, retraites, aides sociales), est décrit comme une mission impossible. Les conditions matérielles d’existence ne cessent d’être amputées. Les revenus stagnent, voire régressent. De véritables souffrances sont exprimées durant les débats que nous avons organisés : travailler pour payer ses factures et non plus pour vivre, rogner de plus en plus sur des dépenses aussi essentielles que la santé ou le chauffage.

JPEG - 29.4 ko

Vivre pleinement

Certains participants décrivent durant ces débats des scènes douloureuses, se sacrifiant pour leurs proches et montrant une grande peine à ne pas pouvoir leur faire plaisir. Des témoignages qui interpellent sur la crise sociale que nous traversons.

PNG - 64.7 ko

Problèmes de mobilité

Les participants décrivent aussi de réels problèmes de mobilité, à l’origine d’un isolement, surtout dans les campagnes et petits villages mais aussi dans certaines villes. Cela s’explique par peu ou pas de transports en commun ou par un budget voiture devenu prohibitif.

JPEG - 37.7 ko

La mise en danger du droit à la santé

La santé s’impose comme un sujet de préoccupation et d’appréhension majeur. Elle se heurte à deux écueils principaux : l’accès pratique (problèmes de mobilité, distance parfois très importante pour se soigner) et l’accès financier (des soins parfois mal remboursés).

JPEG - 37.1 ko

Le mal-logement

Ils n’apparaissent pas dans la lettre du président Emmanuel Macron mais les problèmes de mal-logement sont évoqués, surtout en milieu urbain. Les participants soulèvent la difficulté d’accéder aux logements sociaux, de louer avec des revenus modestes et mentionnent la question de l’insalubrité.

JPEG - 34.6 ko

Individualisme

Les participants s’indignent par ailleurs de la montée en puissance de l’individualisme, qui délite les valeurs du vivre-ensemble. Ils constatent avec tristesse le manque de solidarité entre les personnes, qui génère par ailleurs de l’isolement.

JPEG - 35.9 ko

Domination des puissances financières

Les participants à nos débats s’indignent aussi du rôle délétère des élites politiques et économiques : si la sphère politique est pointée du doigt pour son mépris et pour son ignorance de la vie des plus pauvres, c’est aussi la domination des puissances financières et multinationales recherchant le profit permanent en s’accaparant des richesses jamais redistribuées qui suscite l’indignation.

JPEG - 51.7 ko

« Tout ce qui se dit là, il faut que cela remonte »

Le grand débat national laisse les participants sceptiques. C’est pourquoi ces propositions seront envoyées aux parlementaires et au Premier ministre. Objectif : sortir d’un climat de pauvreté, réaffirmer les valeurs du vivre-ensemble, et construire ensemble une société plus juste.

JPEG - 93.5 ko

Qu’ont exprimé les 3 000 participants à nos débats locaux ? Quelles propositions ont été faites ? En quoi le mouvement des gilets jaunes rejoint celui des personnes en situation de grande pauvreté ? Lisez le rapport établi par le Secours Catholique-Caritas France :

« Tout ce qui se dit là, il faut que ça remonte »

Imprimer cette page

Document

Portfolio